ACAMIL - Etude « Sécurité 2015 » – une Suisse sûre, confiante, coopérative et favorable à l’armée dans un monde plus morose que jamais

ACAMIL - Etude « Sécurité 2015 » – une Suisse sûre, confiante, coopérative et favorable à l’armée dans un monde plus morose que jamais

Mercredi, septembre 2, 2015 (All day)

En 2015, les citoyennes et les citoyens suisses se sentent très en sécurité dans leur pays. Ils considèrent l’avenir avec sérénité et une majorité d’entre eux accorde généralement sa confiance aux autorités et aux institutions. Ils se montrent plus ouverts que l’an dernier et approuvent beaucoup plus nettement l’idée d’une participation plus soutenue aux affaires de l’ONU ainsi que d’une coopération internationale en dehors de toute contrainte institutionnelle impliquant une perte de souveraineté. Ils continuent d’afficher bien haut leur attachement à la neutralité et à l’armée. Par contre, ils jugent la situation politique mondiale d’un œil plus critique. C’est ce que soulignent les résultats de l’étude « Sécurité » réalisée cette année par l’Académie militaire à l’EPF de Zurich et par le Center for Security Studies, de l’EPFZ.


Sécurité
Le 91 % (+ 1 %) de la population suisse déclare se sentir en sécurité et le 79 % (–1 %) sont confiants en l’avenir immédiat de notre pays. Ce sentiment globalement fort de sécurité se reflète dans la faible perception des dangers. De manière générale, notre population se sent relativement peu menacée et estime qu’il est assez peu vraisemblable que la Suisse le soit également (entre 4,4 et 4,3 sur une échelle de 1 à 10). Concernant les aspects de la sécurité les plus menacés, la palme revient à la « sécurité des données » (5,5 ; – 0.2), suivie de « Internet » (5,1). Quant aux types de menaces, les cyberattaques prennent, cette année encore, la première place (5,3 ; – 0.1).

Confiance
Cette année, la confiance dans les institutions et les autorités est plus élevée que celle relevée depuis plusieurs années. La population accorde avant tout sa confiance à la police (7,7; + 0.2), puis aux tribunaux (7,2; + 0.2). La troisième position revient au Conseil fédéral, avec 7,0 (+ 0.3) : en comparaison pluriannuelle, il s’agit là du plus haut degré de confiance qui lui a été accordé. Le milieu du classement est occupé par l’économie suisse (6,8 ; – 0.1), l’armée (6,5 ; + 0.1) et le Parlement fédéral (6,4 ; ± 0.0), les lanternes rouges restant les partis politiques (5,3; – 0.1) et les media (5,3 ; + 0.1).

Coopération
L’attitude positive à l’égard d’une coopération internationale plus soutenue — dans la mesure où elle n’implique pas une adhésion à une institution — s’est nettement renforcée. Les formes de cette coopération, à savoir un rôle plus actif de la Suisse dans les conférences internationales (78 % ; + 5 %) et comme médiateur dans le cadre des conflits (78 % ; + 8 %), obtiennent, cette année, des scores encore jamais atteints. La prise d’une part active dans le traitement des affaires de l’ONU (70 %; + 7 %) et les efforts visant à obtenir un siège au Conseil de sécurité (67 % ; + 8 %) sont largement soutenus. En revanche, les propositions d’adhésion à l’UE (21 %; + 4 %) et à l’OTAN (22 % ; + 6 %) restent lettres mortes.

Neutralité
La population suisse soutient très fermement le maintien de la neutralité du pays ainsi que sa pensée identitaire et son esprit de solidarité. Le 95 % (– 1 %) appuie le principe de la neutralité. Le 93 % (– 1 %) des personnes interrogées estime que la Suisse, du fait de sa neutralité, est prédestinée à jouer un rôle de médiateur et de conciliateur dans les conflits internationaux. Le 87 % (+ 1 %) voit en cette neutralité un élément constitutif de l’identité de notre pays. Cette année encore, l’affirmation selon laquelle la neutralité armée contribue à stabiliser l’Europe recueille une nette majorité (62 % ; + 1 %).

Attachement à l’armée
L’image de l’armée reste positive. Le 80 % (± 0 %) des Suisses restent convaincus de sa nécessité et les tranches d’âge les plus jeunes admettent cette nécessité comme jamais au cours des trente dernières années sous revue (74 % ; + 8 %). Le 58 % (– 3 %) des personnes interrogées soutiennent le concept d’armée de milice. Ce pourcentage est le troisième plus élevé jamais enregistré. Les prestations de l’armée sont globalement jugées comme bonnes (6,3 sur une échelle de 1 à 10). Le 73 % des citoyennes et des citoyens s’accorde à dire que la Suisse doit entretenir une armée bien instruite et le 61 % veut qu’elle soit entièrement équipée. La population est également d’avis que le montant actuel des dépenses militaires est juste (47 % ; – 2 %), voire trop bas (16 % ; + 7 %).

Morosité dans le monde
Les citoyennes et les citoyens de notre pays estiment que la situation politique mondiale de ces cinq prochaines années sera, dans l’ensemble, nettement plus « morose et tendue » que ce qu’ils déclaraient l’année passée (55 % ; + 14 %). La part de ceux qui, au contraire, pensent que cette situation « s’améliore » chute pour atteindre le niveau plancher de 5 % (– 2 %). Le 76 % (+ 1 %) des personnes interrogées pensent qu’une guerre en Europe n’est pas à exclure, d’où la nécessité de disposer d’une armée qui soit opérationnelle à l’avenir également.

Réalisation de l’étude
La collecte des données représentatives pour l’étude « Sécurité 2015 » s’est déroulée par téléphone, du 6 janvier au 11 février 2015, auprès de 1239 citoyennes et citoyens, toutes régions linguistiques du pays confondues. Le sondage a été réalisé par l’institut de recherche Léger (anciennement ISOPUBLIC). La marge d’erreur s’élève à ± 2,8 %.